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Carte parlers berbères

En savoir plus sur la langue touarègue

La langue touarègue et son écriture les tifinagh (tifinaγ)

« Tamasheq » (tămašăq) est le nom générique donné à la langue des Touaregs qui est une variété de berbère.

On dit tămâhăq en Ăhaggar et dans l’Ăjjer, tămašăq dans l’Ădaγ/Ădγaγ (Adghagh), et tămajăq dans l’Ăzawagh et l’Ăyər (Aïr).

L’ensemble des langues berbères forme une branche de la famille afrasienne, à laquelle appartiennent aussi l’égyptien ancien, le copte et les langues couchitiques, omotiques, sémitiques et tchadiques.

Les différentes variantes de la tămašăq

    • la tăhaggart: est parlée en Ăhaggar, dans l’Ăjjər (la tăjjərt), et chez les tăytoq
    • la tăyərt: dans l’Ăyər , Niger central
    • la tădγaq: dans l’Ădγaγ, Mali septentrional
    • la tănəsləmt: dans la région de Tombouctou au sud du fleuve
    • la tăwəlləmmət ta-n-dənnəg (t. de l’est) est la langue des Iwəlləmmədăn du Niger occidental (Ăzawaγ) et de la région de Menəka au Mali
    • la tăwəlləmmət ta-n-ătăram (t.de l’ouest): celle des Iwəlləmədăn du nord de la boucle du fleuve au Mali
    • la tăməsgərəst: est parlée au Niger méridional par les Kel Gərəs
    • la tudalt: par les Udalăn du Burkina Faso

 

 

 

L’écriture berbère, les Tifinaγ dans les régions sahariennes et sahéliennes

Les Tifinaγ sont l’ensemble des caractères servant traditionnellement à noter la langue berbère.  Cette écriture est utilisée de nos jours par les Touaregs sahariens et sahéliens. Elle a connu un assez grand nombre de variantes selon les régions et à travers le temps. Elle a servi de base pour créer les néo-tifinaγ qui servent aujourd’hui à l’enseignement et à diverses publications (livres, journaux, Internet…)

D’après Mohamed Aghali-Zakara, 1993
Inscription en tifinaγ peinte dans l’Akukas (Libye).

 

C’est un alphabet consonantique, sans voyelle. Sur les peintures ou gravures rupestres, le mauvais état de la roche et un éclairage défectueux peuvent en gêner la lecture. Plusieurs orientations de l’écriture sont possibles : de droite à gauche, de gauche à droite, de haut en bas et de bas en haut et enfin en spirale et en boustrophédon (c’est-à-dire qu’arrivé en bout de ligne, on repart dans l’autre sens) !

 

 

 

L’étude des inscriptions commence par leur repérage sur le terrain, où elles sont photographiées et copiées à la main, car il est parfois risqué de ne s’appuyer que sur des photographies, qui peuvent s’avérer peu lisibles. 

 

inscription photographiée dans la Tadrart algérienne

 

Le sens de lecture est indiqué par les signes « orientés », c’est-à-dire ceux qui ne sont pas symétriques, ils montrent ici que cette inscription sur la photo doit se lire de droite à gauche.

 

 

 

 

 

Il est alors possible d’en effectuer le relevé qui est écrit ci-joint de gauche à droite par convention, puis

la translittération : chaque caractère tifinaγ est remplacé par un équivalent conventionnel.

On peut ensuite tenter une transcription, consistant à restituer chaque mot, puis essayer de proposer une traduction, mais celle-ci n’est pas toujours possible. 

relevé3
dictionnaire-berbere

 

 

Pour l’étude de la tămašăq, un outil indispensable est le monumental Dictionnaire touareg-français de

Charles de Foucauld en quatre volumes, dont une version abrégée se trouve ci-dessous

Dictionnaire touareg

Traduction en tămašăq du Petit Prince de Saint-Exupéry, publiée en tifinaγ.
Tableau des Tifinagh publié par Cid Kaoui dans l’édition de 1894 de son dictionnaire français-touareg

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